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Le Secours Félin

 

 

     

AU SECOURS
 

Confrontés à la misère des chats abandonnés, en 1996, nous avons quitté avec nos chats, notre appartement parisien, et nous nous sommes installés en banlieue dans une maison plus vaste pour leur donner un peu de confort.

 

Sans faire de publicité, notre maison, siège du Secours Félin, association loi de 1901 que nous avions créée en 1993, a été très vite connue : un refuge qui recueille des animaux sans les euthanasier ! Quelle aubaine pour tous les candidats à l’abandon qui avaient mauvaise conscience !

 

Nous avons ouvert notre porte à toutes les victimes des aléas de la vie : divorces, naissance d’un enfant, allergies, départs à l’étranger, expulsions, départs en maison de retraite, décès…

 

Nous avons ramassé ceux qui avaient été jetés sur la voie publique, chats perdus sans collier ni tatouage, stressés et affamés, et jamais réclamés…

 

Nous avons accueilli, invariablement, à chaque printemps, et ce, jusqu’à l’entrée de l’hiver, des portées de chatons, chatons de poubelles, de cave ou de trottoirs, parfois non encore sevrés, et dont certains mourraient même avant d’arriver chez le vétérinaire.

 

Et lorsque le soir, après une journée de travail, après les soins quotidiens donnés à tous les pensionnaires, nous entendions un coup de sonnette, nous allions ouvrir, et il n’y avait personne à la porte, juste un carton qui venait d’être déposé par quelqu’un que nous entendions courir au loin : le livreur avait filé, et nous rentrions notre colis qui contenait 3 ou 4 chatons…

 

Nous avons fait adopter les jeunes, les beaux, les gentils, et nous avons gardé les autres : les craintifs, les vieux, les handicapés, et ceux qui ont un traitement à vie (urée, diabète)…

 

Nous avons dorloté et soigné les malades, nous avons eu la joie de les voir guérir et revivre, et quand il n’y avait rien à faire, et que la souffrance arrivait, nous les avons accompagnés et aidés à partir.

 

Nous avons accepté ceux que les maîtres nous apportaient car ils n’avaient plus –disaient-ils-, les moyens de s’en occuper, et qui nous promettaient, une fois leur situation rétablie, de nous aider financièrement… Pour la plupart, nous les attendons encore : mais nous avons gardé leurs chats.

 

En dix ans, le nombre de nos pensionnaires n’a fait que croître : nous en sommes aujourd’hui à 390.

Nos dépenses ont explosé.

 

Mais notre groupe d’adhérents et de donateurs, lui, n’a pas suivi et s’est retrouvé insuffisant pour assumer le coût grandissant de cette action…

 

Nous avons alors puisé dans nos économies personnelles pour acquitter les factures des vétérinaires - soins, stérilisations, tatouages, vaccins, des pharmaciens, des fabricants de boites et de croquettes…, mais aussi pour payer les charges salariales des personnes que nous employons dans le cadre des C.A.E. (contrats aidés par l’Etat)

 

Aujourd’hui, nous sommes acculés : l’association est exsangue, et nos économies personnelles sont parties.

 

Il nous est très pénible de lancer cet appel au secours.

 

Nous sommes au bord du gouffre, mais nous ne pouvons nous résoudre à suivre nos « conseilleurs » : faire euthanasier tous les chats qui ne sont pas adoptables : en arriver à cette extrémité serait pour nous l’aveu d’un échec, l’échec d’un projet dans lequel nous nous sommes investis totalement : porter secours à ces chats que des millions de Français disent aimer, et qui sont néanmoins abandonnés, pourchassés, ramassés, éliminés dans nos villes et dans nos campagnes – dans l’indifférence quasi générale.

 

Nous osons espérer qu’avec votre aide, Le Secours Félin pourra continuer à remplir sa mission : secourir encore et toujours ces chats que nous aimons.

 

De tout coeur, nous vous remercions

 





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1993 - 2008
Paris - France