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Un jour que nous étions à dire des poèmes Dans l église fraîche d’une dominicaine, J’ai trouvé un chaton, chétif et apeuré Qui s’était réfugié dans le poulailler.
Cette femme de Dieu ayant un lumbago, Quand je l’ai attrapé, m’a crié mille bravos ! Et a eu aussitôt, j’en suis encore baba, Une réaction que je n’attendais pas !
Je préfère vous le dire, je ne garderai pas, Longtemps chez moi cet adorable petit chat ! Comme les autres, je le mettrai dans un cabas Et j’irai le perdre tout au fin fond des bois.
En bonne laïque, je n’ai pas de parti pris, Contre Jésus, Bouddha ou les dieux Maoris, Mais il m’a semblé tout de même un peu fort Qu’une servante d’un dieu mette un chaton dehors !
Il y aurait donc deux sortes de créatures ? Noé sur son arche doit faire triste figure, Quand on envoie dare dare un de ses protégés A une mort certaine, tout seul dans la forêt.
Pour finir ce chaton, dort sur mon canapé, Joue avec les mouches et avec mes lacets Puisque en fin de compte je l’ai adopté. Il s’appelle Lancelot, et n’est pas baptisé.
Michelle Chevrot .
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